Les hybrides, la montagne, la catastrophe, les oracles. On aperçoit Germini, Clematis : des mauvaises graines, des êtres-fleurs, des êtres minéralisés, qui fuient le fétichisme. Dans leur parcours on devine l’échec perpétuel à déjouer l’institution et le fanatisme. Il y a une montagne qui dévore, qui refuse l’érosion, qui enfante des statues et pleure à travers elles. Avec le temps, la peau vient à se déchirer de tout ce qu’elle renferme. Alors peut-être, dans le débordement, on trouvera de la beauté, de la joie même, de cette lave qui nourrit, dans ce torrent qui emporte tout, on existera un peu.
C’est un roman poétique, une fuite à travers un paysage de contes, cruel et naïf à la fois - car je crois aujourd’hui que le cynisme ne suffit plus ; seul, il est mortifère. L’ensemble gravite autour du thème de la prédation, celle de l’environnement autant que des êtres, humains et non-humains ; de la sidération et de la fascination d’une génération pour l’horizon d’une catastrophe salvatrice.
Daphné Bérard, 2026
Depuis le printemps 2021, La Marelle a ouvert cette nouvelle « maison », la Villa Deroze, située au milieu des pins, sur les hauteurs de la cité portuaire de La Ciotat. Confiée avec générosité par Danielle Deroze, elle est destinée à accueillir artistes, auteurs et autrices, pour des projets de création qui souvent se croisent ou s’hybrident.
Je m’abîme toujours face aux statues
Dans une vénération gelée
Une lancinante empathie
J’ai souvent souhaité être l’une d’entre elles.
Parfois, je me sens l’une d’entre elles.
Transie, absente, son regard projeté au-delà du temps
Une ombre prise dans le courant, immobile.
Un corps tendu
Plein, arqué, lourd
Imperméable
À la vie du dehors.
Daphné Bérard, 2026